Accueil / Articles /
Commander l'édition 2010 Se référencer dans l'Anot Nous contacter
  Entreprises agréées
Les professionnels de     l'orthopédie par régions
    et par départements
Fournisseurs
Liste des sociétés
Fiches produits
Par produits
Par marques
Centres de rééducation
Par régions
    et par départements
Organisations professionnelles
Les syndicats
Articles en ligne
 
Evènements, congrès
Partenaires
Qui sommes-nous ?
Nous contacter
 
La compression au masculin : les astuces pour convaincre
Juliette Schenckéry
Profession Pharmacien
Un homme sur quatre souffre d’insuffisance veineuse. Même si c’est moitié moins fréquent que chez les femmes, cette pathologie est loin d’être négligeable au sein de la gent masculine. « Les signes et les causes sont les mêmes que chez les femmes, mis à part la grossesse », ironise le Dr André Cornu-Thenard, médecin vasculaire spécialisé en phlébologie et past vice-président de la Société française de phlébologie. Et la fréquence augmente avec l’âge : 57 % des hommes de plus de 70 ans sont touchés.

Une sensation de jambes lourdes, un œdème des chevilles, des varicosités qui s’ajoutent à des antécédents familiaux, des conditions de travail debout ou avec piétinement doivent inciter à prévenir l’évolution vers d’éventuelles varices. La compression médicale est le meilleur moyen de soulager dès les premiers signes. Elle peut compléter un traitement par veinotoniques per os et l’application de topiques. Les règles hygiéno-diététiques de base sont bien sûr à rappeler systématiquement.
Expliquez aux patients réticents le mode de fonctionnement mécanique de la compression : en exerçant une pression dégressive de la cheville vers le haut de la jambe, la compression médicale stimule le retour veineux vers le cœur, prévient la stagnation sanguine, lutte contre la détérioration de la paroi veineuse, améliore la microcirculation lymphatique et l’œdème.

Misez sur la variété
Mais il est encore souvent difficile de convaincre les hommes de porter une compression médicale qui leur évoque plus les bas de leurs grand-mères que l’élégance au masculin ! Il est donc indispensable de mettre en scène couleurs et textures modernes sur des jambes en plastique par exemple mais aussi de proposer des échantillons des différents modèles de fibres pour que le patient puisse en tester la douceur, l’épaisseur, l’élasticité et puisse comparer les couleurs et motifs. Le plus souvent, sauf indication médicale spécifique, le choix se porte sur des chaussettes.
Les fabricants rivalisent d’inventivité et d’innovation pour que la compression médicale destinée aux hommes ressemble à ce qu’ils peuvent trouver dans le domaine de l’habillement. Des détails pour accentuer le confort comme l’absence de couture à la pointe du pied ou une semelle aérée et massante peuvent faire la différence.
Pourtant, l’efficacité de la compression médicale nécessite un dispositif parfaitement adapté associé à un port régulier. Une prise de mesure précise et le choix d’une marque et d’un modèle le plus proche de la morphologie de chaque patient permet un soulagement et un confort immédiats. En cas de morphologie différente des mensurations standard, un modèle sur mesure doit être proposé.
Selon une étude menée en 2011, les grilles de taille des chaussettes qui proposent des modèles pour mollets larges ou fins permettent de s’adapter à la plupart des morphologies. « La première prescription comporte le plus souvent des chaussettes car les signes type ulcère sont en général situés sur le bas de la jambe. Mais si la forme bas est préconisée, attention à choisir un modèle long qui aille bien jusqu’en haut de la cuisse », conseille le Dr Cornu-Thenard.
Tous les moyens sont bons pour favoriser l’adhésion au traitement. Une étude conduite par plus de 330 pharmaciens auprès de quelque 2 200 patients en 2013 bénéficiant d’une prescription de compression médicale a montré que la fréquence du port régulier était quasi identique pour les hommes que pour les femmes : 68,2 % versus 68,6 %.
En revanche l’adhésion au traitement augmente significativement avec l’âge : 54 % avant 45 ans à 85 % après 65 ans. Trois raisons principales étaient évoquées pour expliquer un port inconstant des dispositifs de compression : un nombre de paires insuffisant à disposition (24 %), la difficulté à les supporter (24 %) et la complexité de l’enfilage (15 %). Plusieurs paires peuvent être prescrites, délivrées et remboursées chaque année.

Lever le frein de l’enfilage
La difficulté d’enfilage des chaussettes et encore plus des bas est un des principaux freins au port quotidien de la compression médicale. Les difficultés sont au nombre de quatre, dénombre le Dr André Cornu-Thenard. Le passage du talon constitue le premier obstacle car il nécessite de distendre le bas dans sa plus petite largeur. Le bon positionnement du bas sur la jambe et l’absence de plis est d’autant plus difficile en cas d’œdème ou de douleurs. La présence d’un pansement accroît les problèmes lors de la pose.
Enfin, le patient peut avoir du mal à atteindre ses pieds. Il faut donc lever chacun de ces obstacles.
Répéter les conseils d’enfilage à chaque délivrance et procéder à un essayage dans le local d’orthopédie suffit le plus souvent à résoudre le problème.
Si ce n’est pas le cas, de nombreuses aides à l’enfilage existent, plus ou moins pratiques et/ou encombrantes : VenoTrain Glider chez Bauerfeind, Enfile-bas Mediven, Thuasne, Veinax, chez Sigvaris : Rolly, Easy Slide Caran, Extenseur du Dr Cornu-Thenard, qui existe en 2 tailles …
Ces divers accessoires facilitent la mise en place des dispositifs de compression médicale, soit en autonomie soit par un aidant et évitent d’avoir à se baisser.
Mais les patients restent souvent perplexes face à ces accessoires sans accompagnement.
Une démonstration s’avère indispensable.
Les enfile-bas avec poignées (Mediven, Sigvaris, Thuasne…), après avoir placé le bas à son extrémité, facilitent l’insertion du pied, permettent de remonter le bas jusqu’au genou, puis de le placer au niveau des cuisses sans avoir à se baisser.
L’enfile-bas Varitec (Varisan) nécessite d’installer le bas sur la découpe évasée avant de glisser le pied puis de remonter la compression.
Le modèle Rolly (Sigvaris), cylindre en matière plastique rempli d’eau savonneuse, permet de rouler ou dérouler le bas sur la jambe facilement, que ce soit pour le mettre ou l’enlever.
L’extenseur Cornu-Thenard écarte le bas ou la chaussette placé dessus permettant le passage du pied puis le déroulage jusqu’au haut de la jambe. Chaque patient devrait trouver la solution qui lui convient.

*Les chaussettes de compression pour hommes sont-elles bien adaptées à la population masculine française ?, M. Chauveau et coll., Phlébologie, 2012

** Etude en pharmacie d’officine des déterminants de l’observance d’une compression élastique sur prescription médicale et de la satisfactiondes personnes à son égard, JL Gillet et FA Allaert, Phlébologie, 2013

 
> Ajouter à mes favoris   > Recommander ce site   > Mentions légales    
© 2015 L'Anot - Annuaire National de l'Orthopédie Technique est édité par la société EDP Santé