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Au-delà de l’esthétique, la qualité de vie...
Andrée-Lucie Pissondes
Profession Pharmacien n°25 - Mars 2007

Le cancer du sein touche environ 42000 femmes par an en France. Pour un tiers d’entre elles, une ablation partielle ou totale est pratiquée. Le port d’une prothèse mammaire externe permet aux femmes opérées de renouer plus vite avec leur qualité de vie antérieure. Produits de haute technologie, ces prothèses se font oublier, tant par leur forme que par leur toucher.

Dans le cas d’un cancer du sein, deux types de chirurgie sont pratiqués : la chirurgie conservatrice ou la mastectomie totale. La première a pour but d’ôter la totalité de la tumeur, sans enlever la totalité du sein. On parle aussi de tumorectomie (exérèse de la tumeur). Le mamelon et l’aréole sont conservés (sauf pour certaines tumeurs situées derrière le mamelon et l’aréole). La mastectomie totale, deuxième type de chirurgie, consiste à enlever la glande mammaire dans son intégralité, y compris l’aréole et le mamelon. La reconstruction est possible environ un an après la fin de la radiothérapie. Parfois, elle peut être réalisée en même temps que la mastectomie (reconstruction immédiate). Cependant, la patiente peut faire le choix de porter une prothèse mammaire ou d’un complément mammaire externe.

Si le choix d’une prothèse ou d’une reconstruction est déterminé par la préférence individuelle, il est aussi influencé par le stade du cancer et l’âge de chaque patiente. Dans la pratique, beaucoup de femmes continuent à opter pour la prothèse externe. Notamment pour éviter une nouvelle intervention chirurgicale, mais aussi parce que, compte tenu de leur âge, elles ne considèrent plus la reconstruction comme nécessaire, ou enfin en raison du coût plus élevé de l’opération. En effet, la reconstruction du sein est un acte chirurgical, avec son cortège d’interrogations (fiabilité opératoire, confort post-opératoire, qualité du résultat esthétique, longévité du résultat...).
Mais, après l’ablation d’un sein, souvent par manque d’informations, beaucoup de femmes opérées ne portent aucune prothèse ou complément mammaire, ou portent des prothèses mal adaptées.

Pourquoi une prothèse ?
Au-delà des aspects esthétique et psychologique, fort importants au demeurant, la prothèse est extrêmement utile pour éviter la survenue de problèmes cervicaux ou dorsaux, de mauvaise posture de l’épaule, ainsi qu’un éventuel affaissement de la voûte plantaire. La prothèse permet aussi d’éviter des douleurs musculaires, voire des maux de tête. En effet, le sein manquant déséquilibre toute la colonne vertébrale, et l’équilibre statique du corps n’est plus assuré.
Dans un premier temps, à la sortie de l’hôpital, une première prothèse en mousse très légère peut être portée en attendant la cicatrisation et en cas de radiothérapie. Cette prothèse provisoire doit être remplacée par une prothèse définitive le plus tôt possible, dès la fin de la cicatrisation et de la radiothérapie. En effet, sa légèreté ne compense pas le poids du sein opéré.

Des produits high-tech
Une prothèse mammaire est constituée d’un gel de silicone enveloppé dans une très fine pellicule de polyuréthanne médical. Le gel de silicone prend rapidement la température du corps et effectue un massage des tissus cicatriciels. De plus, il permet un comportement identique au sein lors des mouvements et se caractérise par un toucher naturel. Ces prothèses modernes ne glissent et ne se déplacent pas, leur poids étant mieux distribué. Les femmes souffrant de la chaleur, de problèmes de transpiration ou de bouffées de chaleur trouvent des modèles qui pallient ces inconforts.
Le modèle de la prothèse dépend de certains paramètres : le type d’opération et celui des cicatrices, la pratique de curages ganglionnaires, la taille et la forme du sein opposé. Certaines prothèses permettent la pratique sportive et même celle de la natation. «Pour ce sport souvent conseillé après l’opération, des prothèses sont conçues plus légères, et sont calées dans une poche des maillots de bain spécifiques. La prothèse à canules permet d’évacuer rapidement l’eau. Les prothèses sont des produits de haute technologie. Elles s’adaptent à la température du corps par un effet thermorégulateur. Elles accompagnent les mouvements par des procédés brevetés comme le Flex-gap», précise-t-on chez Anita.
La prothèse est solidaire du corps ou non, la première étant adhésive, la seconde se glissant dans un soutien-gorge muni d’une poche.

L’importance du conseil
«D’un point de vue physique, la prothèse externe permet à la femme de retrouver rapidement une intégrité corporelle et une silhouette normale. Après une opération du sein, les femmes sont face à un large choix de produits et de prothèses dont elles n’ont aucune expérience. Elles ont besoin d’une orientation claire pour trouver le produit qui, bien adapté, leur permettra de retrouver une bonne qualité de vie», argue-t-on chez Amoena.
Vendre une prothèse mammaire n’est pas un acte anodin. Les orthopédistes doivent suivre une formation, et ils possèdent l’agrément des fabricants. Pour conseiller le bon produit, il est important de connaître les besoins de la cliente. Il vaut mieux sélectionner d’abord les soutiens-gorges adaptés à la taille et à la profondeur du bonnet. Loin d’être des éléments futiles, les gammes de lingerie et de maillots de bains spécifiques, proposées conjointement, contribuent à la restauration psychologique de la féminité et de l’image de soi. D’autant qu’elles sont très esthétiques et suivent les tendances mode, tant par les coloris que par les matières.
Chaque femme étant unique, chacune réagit différemment, d’abord au diagnostic du cancer du sein, et à la façon d’appréhender la suite. La première qualité d’une prothèse est de se faire oublier, permettant à la femme opérée de pratiquer les activités qui contribuent à sa qualité de vie. Quant à la lingerie, elle participe à la restauration de l’image de soi et de sa féminité, mises à mal par la localisation de la tumeur.


UN CHOIX EN TOUTE DISCRETION
Le choix d’une prothèse doit se faire sans précipitation. Si cela est possible, la patiente peut se faire accompagner par une personne proche qui connaît sa silhouette habituelle et lui donnera son avis. La patiente, en portant ensuite cette prothèse, verra si elle lui convient dans la vie quotidienne. Il existe des soutiens-gorges et des maillots de bain adaptés qui permettent à la patiente de maintenir et de poursuivre ses activités habituelles. Une prothèse mammaire est remboursée par la sécurité sociale 69,75 euros, et ce, une fois par an. Toutefois, pour raison médicale et sur entente préalable, il est possible de changer de prothèse sans attendre ce délai d’un an. Une facture, pour les mutuelles complémentaires, permet dans certains cas de rembourser tout ou une partie de la différence de prix, dans le cadre du forfait petit appareillage.

 






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